Révolution et Empire

200e anniversaire de la Bataille d’Austerlitz

 

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Napoléon à la bataille d'Austerlitz

 

 

 

Napoléon entouré de son Etat Major au début de la bataille

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Tsar Alexandre 1er de Russie

Koutouzov, commandant en chef des coalisés

 

Les cuirassiers s'apprêtent à charger

 

 

Plan de la bataille d'Austerlitz

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Trompette ramenant un drapeau Autrichien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hautpoul

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le général Rapp présente les drapeaux et les prisonniers russes à Napoléon à la chapelle saint Antoine à la fin de la bataille, par Gérard

 

Rencontre de Napoléon et de l'Empereur d'Autriche François II le 4 décembre 1805, par Gros.

 

 

 

 

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2 décembre 1805

Nous ne pouvions pas ne pas évoquer le souvenir de cette bataille à laquelle a participé notre régiment. Le 2 décembre 2005, Place Vendôme à Paris le lieutenant-colonel Fremin du Sartel commandant le GE 1 était présent avec notre étendard et sa garde du 1er escadron, parmi les étendards et drapeaux des régiments qui ont participé à cette bataille au sein de la Grande Armée. Voici quelques repères et quelques informations pour tenter non pas de reconstituer cette bataille, mais de situer notre régiment dans cette grande aventure, et de mieux connaître nos grands anciens.

Ordre de bataille de la Grande Armée à Austerlitz :

73596 fantassins, 21815 cavaliers, 5496 artilleurs

S.M. L'Empereur et Roi Napoléon Ier commandant en personne

ETAT-MAJOR IMPERIAL : SAS le Prince Murat, Lieutenant de l'Empereur. Maréchal Berthier, Major général. Aides de camp : Junot, Lauriston, Lemarois, Savary, Rapp, Lebrun.

GARDE IMPERIALE : Maréchal Bessière : 5373 hommes

1er CORPS D'ARMEE : Maréchal Bernadotte : 10918 fantassins, 1856 cavaliers, 1306 artilleurs.

  • Division d'avant-garde : Kellerman

  • 1ère division : Rivaud

  • 2ème division : Drouet

3ème CORPS D'ARMEE : Maréchal Davout : 18092 fantassins, 1293 cavaliers, 1036 artilleurs.

  • 1ère division : Caffarelli

  • 2ème division : Friant

  • 3ème division : Gudin

  • Division de cavalerie : Vialanes

4ème CORPS D'ARMEE : Maréchal Soult : 24172 fantassins, 924 cavaliers, 1195 artilleurs.

  • 1ère division : Saint-Hilaire

  • 2ème division : Vandamme

  • 3ème division : Legrand

  • Division de cavalerie : Margaron

5ème CORPS d'ARMEE : Maréchal Lannes : 1567 fantassins, 640 cavaliers, 774 artilleurs.

  • 1ère division (grenadiers) : Oudinot

  • 2ème division : Cazan

  • 3ème division : Suchet

  • Division de cavalerie : Lasalle

RESERVE DE CAVALERIE : SAS le Prince Murat : 15681 cavaliers, 607 artilleurs.

  • 1ère division de grosse cavalerie : Nansouty

  • 2ème division de grosse cavalerie : d'Hautpoul

  • Division de cavalerie légère : Milhaud

  • Division de dragons à pied : Baraguey d'Hilliers

  • 1ère division de dragons montés : Klein

  • 2ème division de dragons montés : Walther

  • 3ème division de dragons montés : Beaumont

  • 4ème division de dragons montés : Bourcier

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Ordre de bataille des coalisés :

KOUTOUZOV :

Constantin 8650 hommes Garde Impériale 

  • MaliutinInfanterie
  • Kologrivov -  Cavalerie

Buxhowden 44562 hommes

  • Kienmayer (4595 hommes) - Avant Garde
  • Dokturov (7602 hommes) - Colonne 1
  • Langeron (10427 hommes) - Colonne 2
  • Prebyshevsky (5358 hommes) - Colonne 3
  • Miloradovich/Holowrath (11859 hommes) - Colonne 4
  • Von Liechtenstein - Colonne 5 :
    • Hohenloe (1095 hommes)  - Cavalerie Autrichienne
    • Von Essen & Skepelov (3626 hommes) - Cavalerie Russe

Bagration 10758 hommes Avant Garde

L’artillerie (318 pièces) est répartie entre ces différents corps

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Situation particulière du 1er régiment de cuirassiers :

Un ordre du jour en date du 30 août 1805 créa la Grande Armée. La réserve de cavalerie fut placée sous le commandement de Murat. Elle comprenait deux divisions de grosse cavalerie.

Le 1er cuirassiers, commandé par le Baron Guiton, appartenait à celle du Général d'Hautpoul, brigade Saint-Sulpice (1er et 5e). Ce fut dans cet ordre de bataille, et avec 500 chevaux, que le régiment entra en campagne. Il devait participer à toutes les grandes affaires impériales.

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Résumé de la Bataille :

Avec ses corps d’armée, appuyés d'un côté aux collines boisées de Moravie, de l'autre aux étangs de d'Augezd et de Menitz, Napoléon se prépare à lutter contre les armées ennemies. Sa position eût, été des plus critiques en cas d'échec.

Le 2 décembre, à quatre heures du matin, l'action commence, dans un brouillard d'hiver que ne tarde pas à dissiper le soleil d'Austerlitz. La réserve de cavalerie est mise à la disposition du Maréchal Lannes qui occupe la gauche de la ligne de bataille. Le Maréchal dispose la grosse cavalerie de Nansouty et de d'Hautpoul en réserve derrière ses deux divisions, la cavalerie légère et les dragons sont rangés à droite dans la plaine.

Tandis que Davout sur la droite française recule afin d’attirer Buxhoewden, Bagration déferle sur les troupes de Lannes, dégarnissant ainsi le plateau de Pratzen.

Le maréchal Soult, commandant le centre, par un assaut décisif s'empare du plateau de Pratzen, en qui Napoléon a vu la position de laquelle dépend le sort de la journée. Lannes, Murat et Kellermann rejettent Bagration sur Austerlitz. Le front des coalisés se scinde, la déroute des russes est complète.

Dès une heure de l'après-midi, la victoire ne présente plus de doute sur la gauche, malgré les efforts de Koutousov, qui, avant le commencement de l'action, en a prévu l'issue. Napoléon tourne alors à droite avec le corps du maréchal Soult, la garde et les grenadiers d'Oudinot, voulant recueillir par lui-même le prix de ses savantes combinaisons. Il assaille les Russes par derrière, les précipite vers les étangs. Les fuyards ne s'y noient pas en masse (on n'y retrouva que trois cadavres), mais les étangs rendent la fuite difficile et meurtrière, et les débris de l'armée russe se dispersent dans toutes les directions.

La victoire est complète; l'empereur d'Autriche envoie aussitôt le prince Jean de Lichtenstein solliciter de Napoléon un armistice et lui exprimer le désir d'avoir avec lui une entrevue aux avant-postes; 40000 ou 45000 Français au plus avaient pris part à la lutte.

Napoléon adressa à son armée une proclamation qui se terminait ainsi : « Soldats, mon peuple vous reverra avec joie, il vous suffira de dire : J'étais à la bataille d'Austerlitz, pour que l'on vous réponde : Voilà un brave ! ». (on lira la proclamation complète en fin d’article, ci-dessous)

Les résultats de la journée furent immenses : 15000 morts, environ 20000 prisonniers, 200 bouches à feu, une immense quantité de chevaux, de voitures d'artillerie et de bagages, tels étaient les pertes de l'ennemi et les trophées des Français. Ceux-ci avaient à regretter environ 7000 hommes, tant tués que blessés, et, parmi les morts, le général Wahlubert.

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Extrait du Rapport du Colonel Guiton commandant le 1er Régiment de Cuirassiers:

« Le Colonel a beaucoup à se louer de tout le régiment, particulièrement de Monsieur Demongin, chef d'escadrons, blessé d'un coup de baïonnette, qui a eu un cheval tué; de Monsieur Berckeim, qui à la tête de son escadron, a enlevé cinq pièces de canon dont un obusier, et fait beaucoup de prisonniers; des Capitaines Daudies et Monteil ; de l'Adjudant-major Maubert ; des Lieutenants Thuon et Terrasse; des Sous-lieutenants Schlesser et Dessaignes, et de deux Adjudants dont l'un a eu son cheval tue sous lui, l'autre blessé à la cuisse par un boulet ; des Maréchaux des logis-chefs Petit et Vidame ; du Maréchal des logis en second Varrocaux : des Brigadiers Bernard, Berne, Mougav, Paris et Petit; des cuirassiers Campion, Maraud, L'auvard, Villette et d'autres braves qui ont beaucoup contribué à la gloire que le régiment s’est acquise en cette journée glorieuse ».

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La charge victorieuse

Sont tombés au champ d’honneur à Austerlitz, sous l’étendard du 1er cuirassiers :

Le brigadier Auger, le cuirassier Brun, le sous-lieutenant Céglas, les cuirassiers Delétré, Hardy, Hellouin, Homo, Lalandre, Ragot, Rigot et Ruell et le lieutenant Thuon.

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Notes biographiques :

GUITON (Marie-Adrien-François, baron), Colonel commandant le 1er Cuirassiers en 1805

Général de cavalerie. Né le 8 Juin 1761 à Corvol-l'Orgueilleux (Nièvre), mort à Paris le 18 février 1819.

  • 1779 à 1787 : soldat au 5e Régiment de Dragons
  • 1789 : volontaire dans la garde nationale de la Nièvre
  • 11 Octobre 1791 : Capitaine au 1er bataillon de la Nièvre
  • 14 Octobre 1792 : Capitaine aux hussards des Ardennes (plus tard 23e Régiment de Chasseurs à cheval)
  • 24 juin 1794 : Chef d'escadrons au même Régiment
  • 2 décembre 1800 : Chef d'escadrons de Grenadiers à cheval de la garde consulaire
  • 31 août 1803 : Colonel du 1er Régiment de Cuirassiers
  • 1er avril 1807 : Général de Brigade
  • 2 juillet 1808 : Baron de l'Empire
  • 24 décembre 1814 : mis à la retraite
  • Rappelé pendant les Cent-jours.
  • Blessé à Waterloo.
  • 1er août 1815 : replacé dans la position de retraite
  • 15 juin 1804 : Officier de la Légion d'Honneur
  • 24 décembre 1805 : Commandeur de la Légion d'Honneur
  • Commandait à Wagram et à Znaïm la 2e brigade de la 2e division de Cuirassiers.
  • Reçut de l'Empereur à titre de récompense nationale la baronnie avec dotation.

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HAUTPOUL (Jean, Joseph, Ange), comte d'Hautpoul

Né le 13 mai 1754 au château de Seillettes, dans le Tarn.

  • Il s'engage aux Dragons de la Légion du Dauphiné en 1771.

  • Ayant franchi tous les grades des Sous-Officiers il est nommé Sous-Lieutenant aux Chasseurs du Languedoc fin1777.

  • Capitaine en mars 1792 il est nommé cette même année Lieutenant-Colonel, en août. Au début de 1794, ses soldats maintiennent leur chef dans ses fonctions dont il devait être exclu du fait de ses origines nobles. Il commande en 1794. comme Général de Brigade, l'avant-garde de Cavalerie Légère à l'Armée des Ardennes sous les ordres de Marceau. Il participe aux batailles de Fleurus et d'Aldenhoven à la tête de ses Cavaliers. Confirmé dans son grade, il commande l'avant-garde de l’Armée de Sambre et Meuse. Cette avant-garde est composée des 1er, 6e et 9e Chasseurs. Hautpoul se distingue à Altenkirchen le 4 juin 1796, où il est blessé à l'épaule, pendant que Kléber bat les Autrichiens. Il est nommé Général de Division le 10 octobre 1796.

  • En 1797 il participe à la victoire de Neuwied, puis commande la 7e Division de Cavalerie à l'Armée de Mayence, en 1798. En 1799, le 25 mars à Stockach, Jourdan est battu par l'Archiduc Charles. d'Hautpoul, blâmé pour sa conduite malheureuse de la Cavalerie, est suspendu de ses fonctions.

  • Les entraîneurs de Cavalerie de son espèce ne pouvaient être longtemps absents aussi, acquitté par un Conseil de guerre, intégra-t-il l’Armée du Rhin en juillet 1799 et commanda-t-il la Réserve de Cavalerie successivement sous les ordres de Ney, de Lecourbe et de Baraguey-d'Hilliers, jusqu'au début 1800. Il contribue d'ailleurs fortement à la victoire de Hohenlinden, le 3 décembre 1800, où Moreau défait les Autrichiens de l'Archiduc Jean.

  • Malgré la rudesse de ses manières, grâce à son sens strict de la discipline, son ascendant certain sur ses hommes et ses grandes qualités de manœuvrier, d’Hautpoul est nommé Inspecteur Général de la Cavalerie en juillet 1801. Puis après avoir assumé plusieurs beaux commandements il est nommé Commandant de la 2e Division de Cuirassiers à la Réserve de Cavalerie de Murat, en août 1805. Les habitants de Solingen, où se trouve installé son Quartier Général, lui offrent un magnifique sabre en reconnaissance de sa conduite pleine de considération, de justice et de diplomatie.

  • La 2e Division Lourde de Cuirassiers composée des 1er, 5e,10e et 11e Cuirassiers se joint à la Division de Dragons de Walther et aux Hussards et Chasseurs de Treillard pour la charge magnifique du plateau de Pratzen, à Austerlitz, le 2 décembre 1805. Hautpoul sert à Iéna en octobre 1806, à la prise de Lübeck le 6 novembre, puis sous la férule de Murat, le 6 février 1807 à Hof. Les Hussards et Chasseurs de Cavalerie Légère sont balayés par le feu nourri de huit bataillons russes remarquablement. installés derrière un ravin. Une Division de Dragons et le 1er Cuirassiers n'obtenant aucun succès, Hautpoul charge à la tête de sa Division au cri de « Vive I’Empereur ! » Les lourds Cavaliers écrasent l'Infanterie russe et l'anéantissent.

  • L'année 1807 lui sera fatale, A Eylau, menant la charge des escadrons d'acier des 1er, 5e,10e et 11e Cuirassiers, contre 20 000 fantassins russes, un biscaïen lui fracasse la cuisse droite et il meurt six jours plus tard, dans d'atroces souffrances. La Grande Armée perdait son meilleur Général de Grosse Cavalerie.

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Proclamation de l’Empereur Napoléon après la bataille :

« Soldats,

Je suis content de vous. Vous avez à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes, commandée par les Empereurs de Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de trente mille prisonniers, sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette troisième Coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée, mais, comme je l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu'une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés.

Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiai à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de la gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l'avilir ! Et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m'obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ! Projets téméraires et insensés que, le jour même de l'anniversaire du couronnement de votre Empereur, vous avez anéanti et confondu ! Vous leur avez appris qu'il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre.

Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France ; là vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes.

Mon peuple vous recevra avec joie et il vous suffira de dire, "j'étais à la bataille d'Austerlitz" pour que l'on réponde, "voilà un brave". »

 

 

 

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